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Découverte : la peau se renouvelle différemment selon le sexe biologique
Une équipe de l’ULB a montré que le sexe influençait la manière dont les cellules souches de la peau se renouvellent. Elle a pour cela étudié des cellules souches de la peau chez des souris vivantes. Lié aux hormones sexuelles, ce mécanisme permet une cicatrisation plus rapide chez les femelles et pourrait, à terme, ouvrir la voie à des traitements davantage personnalisés selon le sexe des patientes et patients. L’étude a été publiée dans la revue Nature.
Pendant longtemps, les différences entre femelles et mâles ont surtout été associées aux organes reproducteurs. Pourtant, des organes qui n'ont rien à voir avec la reproduction, comme la peau, peuvent eux aussi être façonnés par le sexe. Cette question, essentielle pour mieux prévenir et soigner les maladies inflammatoires ou le cancer, a longtemps été sous-estimée par une partie de la communauté scientifique.
L’étude a été menée, à l’ULB, par l’équipe de recherche de Cédric Blanpain, en collaboration avec l’équipe du Pr Benjamin Simons de l’Université de Cambridge. En filmant pendant cinq mois des cellules souches de la peau chez des souris vivantes, les chercheuses et chercheurs ont découvert que chez les femelles, les cellules de la peau se renouvellent de manière plus coordonnée que chez les mâles. Cette différence, contrôlée par les hormones sexuelles, s'accompagne d'une cicatrisation plus rapide chez les souris femelles.
« Nous cherchions initialement à comprendre comment la peau se renouvelle, et s'il existe une hiérarchie au sommet de laquelle se trouvent les cellules souches. Nous avons été surpris de découvrir de fortes différences dans le mode de renouvellement des cellules souches entre les femelles et les mâles », explique le Dr Dan Engelman, premier auteur de l'article et Boursier FRIA FNRS à l’ULB.
Les hormones sexuelles donnent le tempo. En résumé, la testostérone, plus abondante chez les mâles, règle la vitesse à laquelle les cellules de la peau mûrissent, tandis que les œstrogènes, plus abondants chez les femelles, stimulent la multiplication des cellules souches et leur coordination.
Médecins, chercheuses et chercheurs constatent depuis longtemps que la cicatrisation, la sévérité de certaines maladies inflammatoires ou la fréquence de certains cancers diffèrent entre hommes et femmes, sans bien comprendre pourquoi. En identifiant des mécanismes cellulaires et hormonaux à l'origine de ces différences dans la peau, cette étude lève une partie du voile. À terme, elle pourrait ouvrir la voie à des traitements tenant compte du sexe des patients, par exemple pour les brûlures, la récupération après une opération ou les plaies chroniques des personnes diabétiques, qui touchent des millions de personnes dans le monde. Elle pourrait aussi inspirer de nouvelles stratégies de prévention des cancers de la peau, qui sont extrêmement fréquents.
Cette étude a été rendue possible grâce notamment au FNRS, au Télévie et au WEL Research Institute.
Parmi les contributrices et contributeurs, figurent pour l’ULB : Dan Engelman, Boursier FRIA FNRS (2022 - 2026) ; Anaïs Bauduin, Boursière FRIA FNRS ; Yura Song, Chargée de recherches FNRS ; Nordin Bansaccal, Boursier FRIA FNRS (2020-2023) ; Anne-Lise Delaunois, Scientifique non-doctorante Télévie ; Mélanie Liagre, Technicienne Télévie ; Cédric Blanpain, Professeur ordinaire, Promoteur principal Télévie et Investigateur WEL Research Institute
En presse :
Le Soir : https://www.lesoir.be/776847/article/2026-10-14/une-etude-de-lulb-montre-que-la-peau-aussi-un-sexe
L’Echo : https://www.lecho.be/entreprises/tech-science/une-equipe-de-l-ulb-decouvre-que-la-peau-a-un-sexe/10695548.html
RTBF: https://www.rtbf.be/article/une-equipe-belge-fait-une-decouverte-surprenante-homme-ou-femme-notre-peau-ne-se-renouvelle-pas-de-la-meme-maniere-11799419
La Libre : https://www.lalibre.be/planete/sante/2026/10/14/et-si-la-peau-avait-un-sexe-cette-decouverte-est-tout-a-fait-fascinante-et-inattendue-je-suis-super-excite-et-tres-fier-N3L37OBZU5EVRHLUZ3FQVAPQEQ/
